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Avec les GHT, mutuelles de proximité et hôpitaux d'éloignement !

Un GHT regroupe les hôpitaux publics d'un territoire autour d'un hôpital support, généralement le CHU, sur la base d'un projet médical commun.

Qu'est-ce qui va changer ? Tout, puisque l'on va assister à une vaste "réorganisation" au sein du groupement. A partir du projet médical commun au territoire, des services pourront être amenés à fermer, d'autres à ouvrir ou à se réorganiser…

Si les médecins ne sont pas hostiles à une certaine organisation territoriale, on peut cependant légitimement craindre dans cette période d'austérité, qu'il ne s'agisse uniquement de rationaliser la gestion de la pénurie.

Avec un Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie de 2,1% pour 2016 alors que la Fédération Hospitalière de France estime qu'il faudrait 3% pour maintenir l'offre de soins, avec des dépenses contraintes et un endettement en hausse, les hôpitaux ne peuvent que réduire l'offre de soins. Le plan d'économie de 3 Mds d'euros des pouvoirs publics annonce la suppression de 22 000 postes et de près de 16 000 lits alors que les conditions d'accueil de malades ne cessent de se dégrader !

Les GHT vont renforcer encore plus le pouvoir des "préfets sanitaires" que sont les directeurs des ARS qui verront ainsi leur autorité confortée, car s'appuyant sur un moins grand nombre d'établissements puisqu'à terme, il n'y aura plus que 150 GHT face aux ARS.

Dans un premier temps, il y aura mutualisation de services notamment administratifs et médico-techniques, ce qui induira fatalement le transfert ou la suppression de certaines activités (laboratoire, informatique, achats, pharmacie, imagerie, formation, …) avec une mobilité forcée des personnels.

Si au début, le GHT pourra mettre en place des pôles d'activité inter-hospitaliers sur un territoire, la gestion des personnels de ces pôles sera réalisée en fonction des nécessités et des lieux de réalisation. Autrement dit, les personnels ne seront plus attachés à un site, ce qui ne manquera pas de détruire les équipes hospitalières et la vie de famille des salariés concernés.

Puis, austérité oblige, il est fort à parier que les ARS s'attaqueront aux  services de soins "redondants" comme les services de médecine, de chirurgie, les maternités... En effet, le but à terme est de créer des établissements hyperspécialisés. En détruisant ainsi la cohérence médicale de chaque site. Les patients quant à eux, n'iront plus dans leur hôpital de proximité, mais dans un des établissements du GHT. Et tant pis pour les familles qui ne pourront plus, pour certaines, visiter leurs malades. Et tant pis pour le moral de ces malades désespérément seuls… Cet éloignement de certaines spécialités entrainera fatalement un abandon de soin de la part des usagers qui passeront beaucoup plus de temps dans les transports, sans parler des coûts que cela engendrera…

A terme, les hôpitaux publics seront dépossédés de leur mission de proximité et de leur autonomie, avec un établissement support qui aura la main sur toutes les activités et les budgets. Comment dans ces conditions, les Commissions Médicales d'Etablissement pourront-elles établir des projets médicaux  efficients ? Dans une période de pénurie budgétaire, cela risque d'être le chacun pour soi pour essayer de développer son service d'abord.

Aussi, on ne peut qu'être inquiet pour le devenir de l'hôpital public. En supprimant les cohérences médicales des différents établissements, en renforçant la polyvalence des personnels qui met à mal le travail d'équipe, en dépersonnalisant le travail car on n'appartiendra plus à un service, on rend plus facile la fermeture de lits, d'un service ou d'une structure hospitalière, car comme le disait le professeur Grimaldi, c'est quand les professionnels ne sont plus attachés à leur service, qu'il peut commencer à être détruit.

Enfin, pour faire passer la pilule, le gouvernement a promis 2 milliards d'euros sur 5 ans pour accompagner cette mutation. Le problème, c'est qu'aucune ligne budgétaire nouvelle n'a été votée à ce jour. Il semblerait que ces deux milliards ne soient qu'une simple affectation des crédits existants au sein de l'ONDAM, ce qui ne manquera pas alors d'aggraver un peu plus la situation financière des hôpitaux publics.

La loi santé de Marisol Touraine n'est pas une loi de modernisation. C'est la loi de la régression sociale, c'est la loi des inégalités d'accès aux soins, c'est la loi de la désertification progressive des départements.

Avec la privatisation rampante de la Sécurité Sociale, le renoncement aux soins qui n'a jamais été aussi élevé, au moment où chacun se rend compte que la carte bleue prend de plus en plus le pas sur la carte vitale, cette nouvelle attaque contre notre système de soins laisse présager des lendemains difficiles pour ceux, de plus en plus nombreux, qui n'auront pas les moyens de se soigner.

Il est urgent que les mutualistes et les assurés sociaux dans leur ensemble se mobilisent car défendre l'hôpital public, c'est défendre notre santé.

Siège mutuale

  • 6 rue Galilée - 41260 LA CHAUSSEE SAINT VICTOR
  • Tél : 02 54 56 41 41
  • Email : contact@mutuale.fr
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